Un peu de sagesse

Ce qu’il faut savoir avant de mourir

En voilà un titre positif !

C’est ce que je me suis dit avec beaucoup d’ironie quand on m’a mis ce livre dans les mains. C’est pourtant une super découverte, dont le pessimisme est plutôt absent contrairement à ce qu’on pourrait en attendre avec ce titre.

C’est d’ailleurs un de mes remèdes anti-déprime, quand j’ai des périodes où je perds un peu foi en l’humanité. Je vais essayer de retranscrire les grandes lignes, ce qui m’a paru le plus important. Si tu ne veux pas t’auto-spoiler, ne lis pas la suite. Quoi qu’il en soit il vaudra toujours le coup d’être lu, pour tous les témoignages qu’il recèle.

Bon du coup ça parle de quoi exactement ?

L’auteur, John Izzo, s’est toujours intéressé à ce qui lui permettrait de bien vivre et qui à terme, l’amènerait à mourir plus heureux.

Il perd son père à l’âge de 8 ans. Son grand-père s’en va lui aussi bien vite, avant même d’avoir pu transmettre les secrets d’une belle vie à son petit-fils. Ces deux pertes, très brièvement évoquées au début du livre, rendent la quête de découvrir les fondements d’une vie épanouie beaucoup plus urgente pour J. Izzo.

Lorsqu’il commence à se pencher sérieusement sur la question, il se demande finalement s’il y a des choses dont nous pourrions grandement tirer profit si nous en avions été conscients plus tôt.

Pour répondre à cette question, il choisit de demander à environ 15 000 personnes, rien que ça, un peu partout aux Etats-Unis et au Canada quelle est la personne la plus sage de leur entourage. Par sage, il entend qui a vécu longtemps et qui a quelque chose à nous enseigner à propos de la vie. Lui et son équipe reçoivent de nombreuses réponses et décident d’interviewer 235 personnes parmi celles désignées comme sages, âgées de 59 à 105 ans. Toutes religions et tous statuts sociaux confondus.

Ils recevront alors une série de questions dans le cadre d’un entretien :

  • « Que devons-nous savoir à propos de la vie avant de mourir ? »
  • « Qu’est-ce qui vous a apporté le plus grand bonheur ? »
  • « Quels regrets avez-vous ? »
  • « Qu’auriez-vous aimé apprendre plus tôt »
  • …. Et tout un tas de questions que vous trouverez dans le livre

Sur la base des témoignages, ils vont ensuite essayer d’en extraire ce qu’ils appellent les « perles de sagesse », il y en aura cinq.

Perle de sagesse n°1 : « Demeurez fidèle à vous-même »

Une des premières choses qui semble distinguer les personnes qui meurent (et vivent!) plus heureuses serait la capacité à se demander continuellement ce qui compte vraiment pour eux, et je ne te parle pas de l’acquisition de ta dernière figurine DBZ ou de réussir à apprendre à ton chat à t’apporter ta bière (même si c’est vraiment cool, j’en conviens).

De ce que j’en comprends, ils parlent des personnes qui se demandent continuellement si leur vie est orientée dans la bonne direction, capables de faire confiance à leur intuition, le tout mêlé à une bonne dose de réflexion. Simplement parce qu’au lieu de se laisser porter par les événements de la vie, ils font ces petits ajustements qui leur permettent de vivre leur vie de la meilleure façon possible, en mettant toujours ce qui est le plus important pour eux dans leurs priorités.

Le grand-père de J. Izzo quant à lui, distinguait la bonne fatigue et la mauvaise fatigue à la fin d’une journée.

La bonne fatigue apparaissant après s’être investi dans quelque chose qui compte pour soi et qui apporte satisfaction tandis que par mauvaise fatigue, il entend un effort qui a payé, ou non, mais pour lequel nous ne sommes pas resté fidèle à nous-même, nous ne nous sommes pas investi dans quelque chose qui comptait pour nous.

Par exemple, en passant une journée intense avec tes amis et en partageant de bons moments, celle-ci pourra se solder par une bonne fatigue. Et quand tu te perds sur YouTube en ayant l’impression de t’être engouffré dans une faille spatio-temporelle qui génère le syndrome des zyeukipik : la mauvaise fatigue (je sais de quoi je parle, alors je ne jugerai pas).

Perle de sagesse n°2 : « Ne laissez aucun regret derrière vous »

Ici l’idée est plutôt simple : mieux vaut tendre vers ce que l’on souhaite plutôt que fuir ce que craignons parce que éventuellement peut-être si ça passe mal on sera jugé en place publique. Ah bah non. Non non, en fait non.

Il semblerait que quand on arrive à la fin de sa vie, on s’en veuille peu d’avoir pris des risques. En revanche la passivité serait bien plus culpabilisante et une plus grande source de regrets. Et c’est plutôt logique. Le meilleur moyen de pas réussir, c’est de ne rien tenter.

Par peur du rejet, de l’échec ou de décevoir, on se ferme tout un tas d’opportunités. Alors plutôt que d’imaginer à quel point ce serait HORRIBLE de se planter, on peut aussi se dire qu’en cas d’échec c’est une nouvelle leçon, et un pas de plus vers l’objectif qu’on s’est fixé ou le petit rêve qu’on a en tête.

Parmi les différents témoignages, l’une  d’elle explique  » Chaque fois que j’évaluais un risque, j’imaginais tout ce que cela pourrait m’apporter de bon. J’échafaudais tout ce qui deviendrait réalité si je réussissais. Et puis je pensais au pire qui pourrait m’arriver. Je me demandais si j’arriverais à surmonter l’épreuve, et je répondais chaque fois par l’affirmative. Par exemple, il se pouvait que rien ne fonctionne pour moi au Canada. Je serais sans le sou et seule, mais je savais que je pourrais toujours rentrer au pays »

Bien entendu, on a plutôt tendance à imaginer le pire, et c’est bien là que se situerait le piège… Et dans le pole position des regrets retrouvés auprès de toutes ces personnes sages nous avions : des relations interpersonnelles rompues, des problèmes non résolus, des mots non dits ou des blessures jamais guéries. Tous ces petites choses qui laissent un goût d’inachevé.

Perle de sagesse n°3 : « Devenez amour »

Ne négligeons pas cette perle de sagesse de Bisounours, elle a toute son importance.
Lorsqu’un des septuagénaires est un interrogé, il explique que son père, au moment de mourir, ne se souciait aucunement de ce qu’il possédait (maisons, voitures, toupie Beyblade couleur or.. bref, t’as compris!), mais se rappelait surtout de moments qui avaient été précieux pour lui : voyages, mariages, naissances, réunion de famille, moments de partage avec ses amis…
Rien de bien étonnant quand on nous dit que ce qui importe vraiment en arrivant à la fin de notre vie est l’amour. Il n’empêche que la piqûre de rappel fait du bien. Osez me dire que vous ne vous êtes jamais mis en tête que vous seriez plus tranquille et heureux quand vous aurez trouvé la voiture que vous vous rêvez depuis des mois, cet appartement à la vue incroyable ou la dernière PS4. Je suis la première à me prendre les pieds dans ce type de piège.
A la suite de centaines de témoignages, on fait le constat que l’amour est la plus grande source de bonheur, mais aussi la plus grande source de regrets.

Alors du coup, « devenir amour », ça veut dire quoi exactement ?
L’auteur ici l’associe au choix délibéré d’être une personne aimante. Si on n’a jamais trop la maîtrise sur l’amour qu’on reçoit, on a la maîtrise sur celui que l’on donne.

Trois façons d’intégrer cette perle de sagesse :

  • En s’aimant soi-même
  • En traitant avec amour les gens qui nous sont chers (amis, famille,…)
  • En devenant amour dans toutes ses interactions

Bon, on n’est pas obligés de réussir à tout faire d’une traite. Et à moins d’être un moine shaolin, il y a forcément un moment où ça dérape. On est toujours à même de présenter des excuses quand c’est nécessaire, et de minimiser les mécanismes de type « rumination mentale à grand coup d’autoflagellation ». Mais ce n’est que mon humble avis 🙂

John Izzo l’explique plutôt bien. Un des meilleurs moyens de s’aimer soi-même est de prêter attention à ce que nous ressentons. Des milliers de pensées nous traversent l’esprit une journée, et chaque « quelle idiote » , « t’as été mauvais », vient impacter la perception qu’on a de nous même.

L’amour qu’on porte vers ceux qui nous sont chers reste celui qui est la plus grande source de bonheur. Et on le constate en interrogeant ces centaines de personnes. S’en suivent tout un tas de petits témoignages touchants que je vous invite à aller chercher.

Perle de sagesse n°4 : « Vivez le moment présent »

A l’heure de Facebook, Instagram, Snapchat et les compet’ de Basketball sur Messenger, où on se compare à tout va, il va falloir s’accrocher pour cet aspect-là.

Vivre l’instant présent est décrit ici de la façon suivante :  » Ne pas porter de jugement sur notre vie, mais la vivre pleinement. Cela signifie ne pas tout ramener à l’avenir ou au passé » L’idée est d’être capable de tirer parti de ce que chaque moment peut nous apporter.

Un des aspects les plus importants dans cette philosophie de vie semble être la gratitude, avec une détermination à apprécier chaque journée.
Oui, même dans les journées les plus pourries, on trouvera toujours ce petit truc sympa (le soutien d’un proche ou d’une collègue, l’inconnu qui t’apporte de l’aide alors que t’es chargé comme une mule, le mauvais jeu de mot de ton ami, cette liste n’a pas vocation à être terminée, …,).

Ce qui caractérise un grand nombre des personnes interrogées est leur grande conscience de la chance de vivre chaque nouvelle journée et leur capacité à identifier tous les petits moments précieux qui les composent.

A contrario, ils ne sont pas nécessairement dans l’idée qu’ils seront heureux quand… ou qu’ils étaient plus heureux quand…blablablaaaaa
Ils ne sont pas dans la comparaison. Qu’ils s’agisse de se comparer à son voisin ou à une version antérieure/ultérieure d’eux-même. Juste, le moment présent.

Perle de sagesse n°5 : « Donnez plus que vous ne recevez »

Les personnes interrogées répétaient que le plus important pour eux était ce qu’il laissaient derrière-eux. Entre autres, l’impact qu’ils avaient eu auprès des autres, de leur entourage, ou sur l’avenir de façon plus globale.
Parmi les différents témoignages, Victor Frankl, psychothérapeute juif, emprisonné de 1942 à 1945 dans un camp de concentration. Il écrit un bouquin dans lequel il parle de son expérience. Et vient le moment où la question du suicide chez les prisonniers est abordée, face à la privation de liberté et de dignité. Il a constaté qu’on ne pouvait que très difficilement convaincre une personne de rester en vie en lui garantissant que le monde avait quelque chose à lui apporter et qu’un bonheur certain l’attendrait. En revanche, lui rappeler tout ce qu’elle avait encore à apporter aux autres était un moyen beaucoup plus efficace de la maintenir en vie.

Viktor Frankl en conclu que les gens qui savent ce que le monde attend d’eux ne mettent jamais fin à leurs jours.

Parmi toutes les personnes interviewées, les plus heureuses étaient celles qui avaient appris à se soucier du sort du monde, des autres, tandis que les plus malheureuses étaient celles qui s’apitoyaient sur leur sort, cherchaient de façon frénétique le bonheur en accumulant des bien ou en cherchant à être aimés de tous.

Bien entendu on ne se transformera pas en Mère Teresa, mais ce sera la somme de petits gestes altruistes, de courage ou de conviction qui contribueront à un avenir meilleur, tant pour soi-même, que pour les autres.

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Bon, ça, c’était la théorie… C’est bien plus complexe à mettre en pratique quand on souhaite cumuler tous ces jolis principes. Tu n’y arriveras probablement pas en trois jours, ni même en trois ans, moi non plus. Mais on peut toujours faire de notre mieux, et ce sera déjà très bien ! 🙂

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